vendredi 14 novembre 2008

Am 11.11 um 11.11 : « Kölle Alaaf » !


Cette semaine a été l’occasion de découvrir le carnaval de Cologne. Bien loin de la journée de recueillement au monument aux morts, pour le 11 novembre on fait la fête dans les rues. La journée avait pourtant mal commencé car le temps était plus que pourri. Pluie, pluie, pluie… ça m’a rappelé la St Patrick du 17 mars 2006 (je crois le jour où j’ai eu le plus froid de ma vie). Je suis partie en cours, et sur le chemin de la fac, on croisait déjà des gens déguisés avec une bière à la main dès 9 h le matin. Comme quoi la pluie ne leur fait pas peur. En cours, on devait être 6 : tout le monde avait déserté pour être sûr d’être au Altermarkt à 11 h 11 précises. Du coup, on n’a pas fait grand-chose et Julie, Ayse et moi nous avons pris la ligne 16 en direction du Dom pour aller à pieds au Altermarkt. C’était l’orgie !!!
J’avoue qu’on n’a rien capté aux différents discours qui se tenaient tous en Kölsch (rien à voir avec le Hochdeutsch) mais c’était quand même bien sympa, ne serait-ce que de voir l’originalité et la diversité des costumes. On a fait quelques belles rencontres ici et là dont un gentil monsieur qui nous a offert une rose à chacune ainsi qu’une petit bouteille de mousseux. Pour le repas de midi : place à au Frikadellen-Brötchen : délicieux mais pas pratique étant donné que la Frikadelle n’est pas du tout adaptée à la taille du pain. Et en plus, le temps était avec nous ! Une fois mis le nez hors de la fac, non seulement il ne pleuvait plus mais il faisait un grand grand soleil et un beau ciel bleu. On a regretté de pas s’être déguisées pour l’occasion, ça aurait été encore plus drôle.




















































Rendez-vous en février pour la suite des événements dans un super costume de Pirate !

Vers 13 h 00, il a fallu retourner en cours, malheureusement… mais en rentrant chez moi j’ai pu constater que la fête était encore loin d’être terminée. Pour vous dire, j’ai même rencontré un brocoli dans le tram ! Enfin, une belle expérience… à refaire….
En rentrant, je suis passée, comme d’habitude, devant la fenêtre de Roxane qui m’a invité à me joindre à elle, Pauline et Emilie, toutes étudiantes en 3è année de licence LEA à Toulouse. Et c’est comme ça qu’on a discuté jusqu’à 19 h 30 (depuis 16 h). C’est rigolo de voir la même maison que la mienne mais orientée dans l’autre sens. Avant de partir je les ai invitées à faire un tour chez moi afin qu’elles voient la différence. Trop drôle ! Le soir, je me suis endormie sur mes cours, vous me direz, comme d’hab’ quoi !

Jeudi, après les cours, j’ai filé à Neumarkt avec Ayse pour retirer nos places de concert : philharmonie vendredi soir à 19 h ! Puis je suis partie à Weiden, comme tous les jeudis. Après l’aqua-fitness (où on s’est tué les bras à boxer dans l’eau), Laëtitia nous a invitées moi et Julie, à venir manger un bout chez elle. Encore un moment très sympa, même si les sujets abordés au cours de la conversation n’étaient pas super gais. Puis, vers 23 h nous avons « pris du souci », on « se l’est rentré » (comme diraient certains) et nous lui avons souhaité un bon week-end (Laëtitia rentrait en France pour le week-end et prenait l’avion à 6 h du matin). Arrivées à Neumarkt, Julie a sauté dans son tram. J’ai dû attendre plus de 25 minutes le mien. Bref, pendant ce temps là, alors que j’attendais sagement sur le quai, j’ai eu une petite conversation avec un clochard polonais bourré, fan de la France et en particulier de Piaf, Joe Dassin et les autres regrettant d’ailleurs que les radios allemandes ne diffusent pas plus de chansons françaises. Il m’en a baraguouinée une et il est parti en me disant « vive la Pologne !». Etrange conversation à une heure pareille ! Dodo tard et réveil dur dur.

Vendredi, 11 h 15, fin des cours, début du week-end. Julie essaye de me convaincre d’aller l’aider à choisir son cadeau d’anniversaire. Après lui avoir tenu tête pendant les 10 premières minutes, j’ai fini par céder et je l’ai accompagnée faire du shopping pour trouver le porte-jarretelles idéal. Sur le chemin, nous avons aussi convaincu Roxane de nous accompagner. Et en fait, ça a été lots of fun !

Vendredi soir : rendez-vous avec Ayse à 18 h 30 devant le Römisch-Germanisches Museum pour aller voir le concert philharmonique. Comme nous étions un peu en avance, nous sommes allées boire un café chez Merzenich.

Nous savions où se trouvait la salle de concert, du moins, à peu près : la difficulté a été de trouver l’entrée. Nous nous sommes adressées à un des gardiens de la place derrière le Dom (ceux qui s’assurent que personne ne traverse la place lorsqu’un conseil a lieu). Indice : descendre la place et une fois en bas, tourner à droite. Chose que nous avons faite. Enfin. Si on peut dire. On passe la porte, c’était assez bizarre parce qu’il n’y avait pas beaucoup de monde… quand au moment de passer la porte, on se fait interpeller par le monsieur de l’entrée qui nous a indiqué que notre entrée était un peu plus loin (je crois que nous étions à l’entrée des musiciens). Et là… changement de décor… C’est non seulement magnifique mais aussi très très classe. On se serait cru dans Pretty Woman quand Julia Roberts va à l’opéra. Les employés du lieu portaient un costume bleu très bien repassé et les spectateurs discutaient à plusieurs bars ici et là en sirotant un verre de vin avant d’aller s’installer. Nos places : E28 et E29, il fallait donc descendre les escaliers. Nous avons déposé nos vestes, écharpes et bonnets au vestiaire (trop la classe) et nous sommes rentrées dans la salle… Que dire ? C’est à voir ! J’ai rarement vu une salle à la fois aussi classe et si immense, tout en cercle, de la forme d’un amphithéâtre avec les musiciens tout en bas. Tout est en bois et très lumineux. Nous avons donc pris place et pris quelques photos comme nous pouvions (ça c’était avant qu’une femme en bleu vienne nous dire que nous n’avions pas le droit de prendre de photos). La première ½ heure était une sorte d’introduction où il n’y avait que les musiciens et le chef d’orchestre. J’avoue que ça m’a donné des frissons, c’était super chouette, vraiment très très beau, comme dans les films ! Ensuite, a commencé le véritable spectacle. Le thème ? Le mythe d’Œdipe. Nous avons retrouvé les musiciens (au moins 70, voire plus) dispersés en arc-de-cercle, la majorité étant des violonistes, au-dessus, se trouvait une chorale de 56 (j’ai compté !) personnes, que des hommes, constituant 3 lignes et tout devant 1 ligne avec, de gauche à droite : le narrateur (à l’accent bavarois particulièrement prononcé), la cantatrice (qui jouait le rôle de Jocaste, la mère d’Œdipe), un cantateur, le chef d’orchestre et 3 autres cantateurs. Personnellement, j’ai été plus sensible à la musique et à la chorale et moins au chant de voix graves. On est très facilement impressionné par le nombre d’artistes qui se retrouve face à nous, et quand ils jouent et chantent tous en même temps c’est d’autant plus impressionnant. Ce concert fut donc l’occasion d’écouter du Robert SCHUMANN (ouverture de l’opéra Manfred), du Arnold SCHÖNBERG, puis l’œuvre de Igor STRAWINSKIJ (STRAWINSKY pour les Français) : Oedipus Rex (avec les textes de Jean COCTEAU). On était vraiment bien placées : plutôt en bas, juste au-dessus du niveau de la scène, si bien qu’on pouvait observer toutes les mimiques des chanteurs et musiciens en détails. Des micros pendaient depuis le plafond (et Dieu sait combien il est haut perché) pour enregistrer le concert qui sera retransmis à la radio le 21 novembre 2008 sur WDR (Wesdeutscher Rundfunk). Comme c’était ma première fois à ce genre de concert classique, j’ai été surprise par certains comportements. En gros, on se croirait à la cour de Versailles sous Louis XIV avec tout le protocole. Bien sûr j’exagère un petit peu, les musiciens ne portaient pas de perruques mais tous sont habillés pareils : filles et garçons en noir voire noir et blanc, les filles avec les cheveux souvent en queue de cheval et tirés sur le dessus, et les garçons souvent en costard noir avec queue de pie, chemise blanche et nœud papillon blanc. Les musiciens arrivent en silence, alignés, par la gauche et par la droite de leur demi-cercle, s’installent, font deux, trois essais, puis silence. Arrive alors le chef d’orchestre qui salue les musiciens (et en particulier le premier violoniste à sa gauche, en première ligne mais je sais pas pourquoi) et le public (avec une révérence). A chaque entrée, le public applaudit mais quand il n’y a pas d’applaudissements il n’y a aucun bruit. Le chef d’orchestre commence… tout le monde écoute. Pour ma part, j’étais tellement subjuguée que je suis restée un bon moment bouche-bée (au sens propre du terme) jusqu’à en perdre ma salive, tandis que d’autres fermaient les yeux (parce qu’ils dormaient ? ou voulaient être en communion avec la musique ? mystère…) ou encore suivaient le programme des yeux. Une fois tout le monde présent, je veux dire musiciens+chanteurs+narrateur…, c’est toujours le chef d’orchestre qui mène la danse : il commande la musique, les chanteurs, détermine la durée du silence à la fin de chaque morceau, c’est aussi lui qui fait signe aux musiciens et aux choristes de se lever (chose qu’ils ne font pas sans son signe du bras). Seuls le chef d’orchestre et les personnes du 1er rang (aucun musicien) ne fait la révérence au public. En gros, comme à la cour, on a le roi (le chef d’orchestre qui décide de qui fait quoi et quand), les nobles (qui ont le droit d’être à côté du roi et qui ont le privilège de saluer le public et de recevoir des fleurs à la fin) et les paysans (les pauvres musiciens qui jouent non-stop du début à la fin, dont le travail est caché par la voix des nobles et qui n’ont d’autre manière de s’exprimer que par le travail à savoir la musique).










En rentrant, j’ai eu la chance de croiser Tom en compagnie de Brita qui est apparemment ma voisine du dessus. Cela fait longtemps que Tom me parle de cette fille qui voudrait faire un tandem avec moi pour améliorer son Français et moi mon Allemand. Il m’a même plusieurs fois proposé d’aller faire du jogging avec eux.

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